L’Europe, ennemi socialiste!

7 septembre 2007 at 3:43 (Uni)

En choisissant les Etats-Unis comme pays pour poursuivre mes études, je pensais que le « choc » culturel que j’aurais en arrivant là-bas serait passablement modéré, vu qu’après tout, l’Amérique du Nord fait partie des pays « développés » comme l’Europe et ne doit donc pas être foncièrement différente (de plus, les Européens sont maintenant habitués au Mac Donald). Je crois que je m’étais trompée. Le choc est certainement moins fort que si je m’étais retrouvée en Inde ou en Chine, mais j’entends et je vois des choses qui me laissent passablement perplexe!

Pas plus tard qu’aujourd’hui, pendant un cours sur les transports où la ville de Bremen en Allemagne était prise en exemple pour son développement exemplaire en termes d’interactions entre les différents modes de transports urbains, un étudiant a posé une question tout innocente: Vu que l’Europe est si en avance dans le domaine des transports (publics, bien sûr) comparé aux USA, est-il possible d’utiliser ces exemples pour influencer les décisions en Amérique?

La réponse devrait bien sûr être « oui », mais il n’en est pas ainsi au plus grand dépit des aménagistes américains. Voici une réponse que vous risquez de recevoir de la part des autorités si vous proposez de suivre l’exemple de Bâle en matière de vélo ou de mettre en place un système comme « Mobility » dans une ville américaine:

– L’Europe est SOCIALISTE, contrairement à nous qui avons des valeurs différentes!

Dans la même veine, il paraît que les urbanistes sont souvent considérés comme des espèces de communistes aux Etats-Unis, c’est effectivement louche de vouloir toucher au domaine public!

Publicités

7 commentaires

  1. Sébastien said,

    Il y a un domaine public aux États-Unis, en dehors des voies? 😉

    Au niveau urbanistique, et ayant vu un petit bout des deux, le choc culturel me paraît plus grand aux États-Unis qu’en Chine…

  2. Sébastien said,

    il manque évidemment « de circulation » après voies…

  3. martinpm said,

    L’urbanisme? En Amérique du Nord?! Bienvenue!

    Nous sommes encores pris avec le rêve de la banlieue: chacun a son bungalow dans une petite ville-dortoir, paisible, avec une autoroute à proximité pour se rendre au travail dans la grande ville, et pour aller faire ses courses dans un «power center» (un méga centre commercial, accessible seulement par l’automobile).

    Malheureusement, au Québec, on développe encore de la sorte, sur nos meilleures terres agricoles d’ailleurs, en banlieue de Montréal. L’étalement urbain y est une véritable plaie… Et ce n’est pas parce qu’il n’y a plus de place sur l’île de Montréal.

  4. marieclarence said,

    Puissent les choses changer! Les urbanistes exsitent, même en Amérique du Nord, et des projets se mettent en place. Il me faut encore un peu plus de temps ici pour me prononcer sur l’efficacité de ces mesures, mais je suis sûre qu’à long terme, la planification territoriale deviendra un élément clé aussi dans ces pays « non socialistes »!!!

  5. martinpm said,

    Bien sûr qu’il y a des urbanistes et des développements intéressants. Même les citoyens s’implique: dans la petite ville où j’étudie (Sherbrooke, à l’Est de Montréal), les citoyens et citoyennes ont pu obtenir un référendum sur le plan d’urbanisme et on réussit à le rejeter (exploit assez rare par chez nous).

    Mais il y a encore des développements affreux comme le DIX30 (http://www.cyberpresse.ca/article/20070619/CPACTUALITES/706190471/-1/CPACTUALITES) et des gens pour faire des commentaires… enfin des automobilistes banlieusards qui font des commentaires dans le même journal:

    «Le Carrefour DIX30 représente tout ce que n’est pas le centre-ville de Montréal: la possibilité de stationner en quelques secondes, sans faire quatre fois le tour du quartier, et de laisser son véhicule au même endroit pendant toute la journée, sans qu’il ne soit jamais loin, ce qui permet d’y déposer facilement ses achats. En ce sens, c’est plus écologique que Montréal ou le boulevard Taschereau. Ajoutons que c’est propre, que presque tous les restaurants y ont des terrasses, qu’on trouve dans ce nouveau centre-ville en pleine campagne un cinéma en français, ce que Montréal n’est même plus capable d’offrir, qu’il n’y a ni quêteux ni squeegees et qu’il n’y a pas les parcomètres du maire Tremblay et les parkings privés à 15$ pour deux heures. Vive Brossard!»

    Ou la la… Le quartier est nommé le DIX30 parce qu’il se situe à l’intersection des autoroutes 10 et 30. Pas vraiment moyen d’y aller sans auto, alors qu’au centre-ville de Montréal, il y a le vélo, la marche, le bus, le métro…

  6. marieclarence said,

    Beurk, je ne pensais pas que de telles atrocités pouvaient encore se faire! Je suis bien contente de venir de cette Europe « socialiste » où des citoyens (ceux de Stockholm en l’occurence) se disent favorables à l’introduction d’un péage urbain dans leur ville! Il serait vraiment temps que l’Amérique du Nord sorte de son long sommeil et réalise quels sont les VRAIS enjeux du 21ème siècle!

  7. martinpm said,

    En même temps, le maire de Montréal propose dans son nouveau plan de transport le retour du tramway, le péage aux ponts de la ville (Montréal est une île), l’agrandissement du réseau cyclable (le doubler d’ici 2010 je crois), etc. Ce n’est pas perdu, le rêve de la banlieue est toujours présent. Ce plan est loin de faire l’unanimité.

    Il y a aussi des villes américaines comme Portland qui ont fait des efforts admirables en ce qui concerne le transport.

    Bon séjour aux States!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :