American’s food

25 septembre 2007 at 11:35 (Culture, Etats-Unis)

Malgré le fait que les incontournables clichés de la malbouffe américaine soient devenus communs, je crois qu’il est tout de même utile de s’arrêter un moment sur le monde de « l’American food » que je côtoie maintenant tous les jours.

Tout d’abord, il faut confirmer le fait que les fast-food sont une véritable culture ici, et même si de nos jours, ces derniers sont devenus des éléments communs également en Europe, la culture qui y est liée n’a pas encore vraiment atteint notre continent. Il faut d’abord localiser les fast-foods américains. Ils hantent les centres-villes, bien sûr, mais surtout, ils sont surreprésentés dans les banlieues glauques, spécialement dans les villes de petite taille. Ce qui s’appelle la promenade du dimanche en Suisse doit correspondre au fast-food du dimanche ici. C’est une occupation en soi que d’aller se traîner en training (habillement encore plus répandu ici qu’en France) dans son gros 4×4 jusqu’au Burger King de banlieue le plus proche et d’y déguster un maxi menu avec sa petite famille (généralement tous en surpoids). Mais bon, restons honnête, je n’irais pas jusqu’à dire que toutes les couches de la population se retrouvent dans ces lieux, ni même que ce phénomène est uniquement visible dans ce pays. Dans notre fameux McDonald’s de la banlieue chaux-de-fonnière, la faune n’y est pas vraiment différente…

Mcdo

Que font donc les gens lorsqu’ils ne sont pas assis à une table de Taco Bell? Les réponses peuvent être fort diverses. Je crois que dans le monde des familles aisées, les repas sont encore servis régulièrement et sont plutôt conventionnels, mais je peux me tromper. Pour le reste, le mot « cuisiner » et le concept de « partager un repas à une table » sont bientôt menacés d’extinction. Mais serait-ce parce que les Américains sont paresseux? Je ne pense pas…

Il faut déjà aller faire un tour du côté des supermarchés pour comprendre l’origine de ce phénomène. A part le Fondor et les Têtes de Moines, on y trouve à peu près les mêmes produits qu’en Suisse. Seulement, les prix et les proportions sont fort différents. En entrant, on tombe généralement sur les fruits et les légumes et là, premier choc: Les prix sont exorbitants et c’est étonnant vu que chez nous, les végétariens s’en sortent bien question finances. Le point positif, c’est que les légumes organic ont leur place dans les rayons des grands magasins. Ensuite, petit tour du côté du pain. Y’a beau chercher, pas de vrai pain, mais des toasts, des pains à hot dog et à burger (plus mou que ça, tu ne peux pas), des modèles qui ressemblent à nos pains sans la fermeté, et pour finir, les bagels et les muffins (ça, il faut avouer que c’est sacrément bon).

bagels

Ah, mais j’ai oublié sur le chemin du « rayon pain » les fromages. On trouve du vrai Gruyère AOC, du Comté, du Brie, du Parmesan, etc, tous affreusement chers (à ce prix, il vaut mieux faire une fondue…chinoise). Sinon, les infamies américaines sans goût ou totalement pas naturelles avec le Cheddar en tête, à prix (presque) abordable. Puis vient la viande. Les différences de prix sont là encore importantes, mais dans l’autre sens cette fois. Les carnivores américains se ruinent moins que chez nous. Je pensais pourtant que les différences seraient plus flagrantes. Un steak de bonne qualité coûtera quand même son pesant d’or. La gamme de produits est assez différente de chez nous, mais les classiques restent (steaks, tranches de poulet, etc.). Le lard ne se trouve qu’en énormes tranches qui sont inconsommables crues (il vous reste une boulette dans la bouche même après 5 minutes de mastication). Question éthique, on trouve de la viande « certifiée élevée sans antibiotiques », mais le bio est rare. Côté charcuterie, c’est un peu la misère. La plupart des produits sont 99% fat free et le reste est encore plus polyphosphaté que chez nous. Des arômes tous moins naturels les uns que les autres parfument ces bouts de plastique. Enfin, rien qui ne ressemble à une cuisse de porc.

Gros porc

Viennent ensuite les interminables rayons contenant parfois des produits qu’on ne pourrait même pas imaginer chez nous (ou alors, au rayon nourriture pour animaux). Tout d’abord, les boîtes de conserves. Les légumes et les fruits ne nous sont pas étrangers, mais les beans sont déjà plus exotiques, surtout que les variations sur le thème semblent infinies (de quoi faire pas mal de croûtes au flageolets !!!). Mais le pire est à venir : des étalages entier de viande et de repas tout prêt en conserves…nos raviolis en boîte n’ont qu’à s’incliner ! Suivent les innombrables sachets de pâtes avec sauce en poudre pour repas prêts en deux minutes. Le rayon pâte conventionnelle paraît ridicule en comparaison. Puis le rayon complet des céréales où Kellogg’s n’a qu’un poids relativement faible comparé à chez nous. Il y a surtout les oatmeals, ou porridges, que l’on ne connaît pratiquement pas chez nous. Dans le même registre, il ne faut pas oublier les pancakes (presque) tout prêts qui font de délicieux déjeuner (mais il faut avoir le temps de les cuire).

Beans

Pour les courageux qui regardent les ingrédients qui composent les produits qu’ils consomment, je leur conseille d’arrêter tout de suite une fois arrivé aux USA. Les listes sont au moins deux fois plus longues qu’en Suisse (pour les mêmes produits) et la proportion d’ingrédients non identifiable aux noms barbares est effarante. Ce qu’on remarque rapidement aussi, c’est l’omniprésence du sucre…mais toute personne ayant une fois goûté un Mcdo peut s’en rendre compte! C’est bon pour faire baisser le taux d’obésité tout ça.

Côté prix, plus la nourriture a l’air vite préparée (et dégoûtante), mais le prix est élevé ! Pour faire ses propres repas, il faut des légumes (chers), de la viande pas en conserve (relativement chère), des épices (jusqu’à 5 fois plus chères que chez nous) et un accompagnement (au coût généralement bas, mais dont la variété n’est pas extraordinaire). Sinon ? Un sachet de macaroni avec sauce : tout sauf coûteux !

Et oui, je ne sais pas si c’est la poule ou l’œuf qui est venu avant, mais on comprend pourquoi les américains se nourrissent ainsi. Chez nous, les mets tout fait sont encore souvent chers…

Un dernier mot sur la manière dont les Américains se nourrissent. Après avoir réchauffé leur ravioli pour micro-onde, ils évitent à tout prix de s’asseoir à une table faite pour manger. Ils emportent leur minable pitance devant la télé, devant leur ordinateur ou la mange debout dans la cuisine. De plus, il ne semble pas y avoir d’heures pour manger ni de consensus sur le nombre de repas à prendre. On mange quand on a faim ou quand l’envie nous en dit. Il faut encore préciser qu’ici, les fast-foods à emporter ou les livraisons en tout genre (qui dépassent largement le domaine des pizzas) sont extrêmement populaires : c’est encore plus simple que les boîtes de conserve !

Pizza

Pour terminer sur une note un peu plus positive, les magasins organic existent bel et bien aux Etats-Unis et sont même peut-être plus nombreux que chez nous. Il faudrait encore vérifier les normes bio, mais la gamme de produits est impressionnante. Il doit donc y avoir des Américains que ne se nourrissent pas seulement de pizzas commandées affalés devant la télé!

People food co-op

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Demain à la une: un monde anglophone (et morne)

19 septembre 2007 at 10:38 (Coup de gueule, Culture, Suisse, Uni)

Il y a beaucoup de choses dans notre monde qui mériteraient une révolution, mais il y en a une qui me tient particulièrement à coeur: lutter contre l’anglophonisation du monde! Vous pouvez trouver étrange que ce soit quelqu’un qui étudie justement aux Etats-Unis qui dise ça, c’est pourtant tout à fait pertinent…

Une langue reflète une culture, elle véhicule toute sorte d’idéaux, elle permet de s’identifier et une fois maîtrisée, une langue est quelque chose d’extraordinaire à manier. Seulement, une langue est difficile à apprendre…pas pour se débrouiller dans un supermarché, je dis, à apprendre jusqu’à pouvoir discerner toutes les nuances d’un discours. Peut-être suis-je particulièrement faible dans ce domaine, oui, ce n’est pas mon fort, mais qui peut prétendre maîtriser une langue sans l’avoir côtoyé de près pendant des années voire des décennies? (Appel à témoin)

Ce qui m’amène à écrire ce soir plutôt que d’étudier sagement comme il se devrait, c’est un, non, deux articles dans Le Temps (du 20 septembre, c’est à dire demain pour moi) qui m’ont fait sauter en l’air : « Les cours en anglais gagnent du terrain dans les unis suisses » (titre principal) et « Des milliers de langues en voie d’extinction ». Dieu merci, les journalistes de notre illustre journal romand ne sont pas complètement à côté de la plaque et ont remarqué un vague lien entre les deux sujets!

Oui, le monde est plus simple en Suisse (romande) depuis que les dialectes se sont éteints et l’on peut se rendre à Lausanne sans être totalement dépaysé (c’est peut-être dommage cela dit). Mais devons-nous vraiment pousser la simplicité jusqu’à prôner l’usage d’une langue unique sur toute notre planète? Les diversités langagières n’ont-elles pas également du charme? Pour ma part, je les trouve fondamentales et je suis absolument atterrée de savoir que d’ici 2100, la moitié des 7000 langues mondiales aura disparu. Mais ce qui me désole le plus, c’est qu’un des facteurs de cet appauvrissement est cette espèce d’obsession de vouloir imposer l’anglais comme langue universelle, spécialement dans les milieux académiques.

Autrefois, nous avions des traducteurs, généralement fort compétents, qui permettaient aux différents peuples du monde d’avoir accès aux plus grands chef-d’oeuvres artistiques ou scientifiques indépendamment de la langue dans laquelle ils avaient été produits. Oui, une perte de qualité lors de la traduction peut être relevée, mais que pèse-t-elle en comparaison de la qualité d’un article rédigé dans un anglais de cuisine?

Aujourd’hui, les scientifiques, puis les économistes et bientôt les théologiens estiment qu’un anglais de cuisine est bien plus approprié et ils ont décidé d’imposer cette langue dans les universités. La Conférence des recteurs suisses prévoit uniquement une généralisation de l’anglais au niveau des masters, mais bien sûr, les bachelors risquent d’être à terme gagnés par cette mode. Comment se fait-il que personne ne réagisse? C’est à l’uni que j’ai le mieux appris à me servir de ma langue natale, le français, et c’est peut-être grâce à l’uni que je peux aujourd’hui tenir ce blog et y exposer des propos plus ou moins pertinents (du moins j’espère). Pourtant, je n’étudiais pas le français, mais les sciences de l’environnement, domaine touché par l’hémorragie anglophone vu son appartenance aux sciences, mais heureusement pas au niveau du bachelor…

Puis j’ai décidé de partir aux Etats-Unis, pour apprendre l’anglais, certes, mais surtout pour y découvrir une nouvelle culture, une nouvelle façon de voir les choses. Et que se passe-t-il depuis mon arrivée sur cette terre inconnue? Je suis sans cesse frustrée de ne pas pouvoir m’exprimer avec la même aisance qu’en français. Je ne peux pas transmettre mes idées de manière précise, je ne peux pas réagir totalement spontanément et je ne réussis pas à relever toute la dimension de ce que les gens me disent. Dès lors, comment voulez-vous que des étudiants qui ne côtoient l’anglais qu’à travers des professeurs généralement non anglophones ou à travers des textes sans vie (et souvent rédigés par des non anglophones) puissent briller de la même manière que s’ils avaient la possibilité de s’exprimer dans leur langue? Pourquoi demande-t-on aux étudiants d’aujourd’hui d’apprendre un deuxième métier en plus de celui qu’ils ont choisi, le métier de traducteur?

J’ai connu suffisamment d’étudiants en science pour savoir qu’avant chaque présentation qu’ils devaient faire en anglais, leur principale préoccupation était la maîtrise de la langue et pas vraiment le contenu de ce qu’ils allaient dire. Ne pensez-vous pas que cela influence la qualité des résultats finaux? Et dans quel but? La présentation de propos scientifiques, oui, mais débités dans une langue que Shakespeare ne comprendrait certainement même pas! A force, ils s’y font, mais ils n’auront pas eu la possibilité de vraiment apprendre la langue riche et complexe qu’est l’anglais ni non plus de développer des dons dans leur propre langue.

Mais pourquoi au juste la Suisse tient-elle tant à imposer l’anglais dans ses universités? La réponse est simple: prestige et attractivité pour les étrangers. Effectivement, les grandes revues scientifiques sont bientôt uniquement anglophones (les scientifiques n’ont pas résisté longtemps) et le quota d’article paru dans ces dernières est un élément clé pour grimper dans les classements universitaires. De plus, les Suissesses et les Suisses sont de plus en plus nombreux à profiter des avantages de Bologne et à s’expatrier pour la deuxième partie de leur parcours académique (comme moi). Il faut donc attirer des étudiants internationaux pour combler ce vide. Mais bien sûr, pas question de vouloir imposer le français (ou l’allemand et l’italien), il faut offrir des cours en anglais pour être attractif! Et là, je rêve! Pourquoi n’offrons-nous pas la possibilité aux étudiants étrangers de vivre ce que je vis moi ici? Une immersion totale dans une culture qui passe, entre autre, par l’apprentissage de la langue…

Fort heureusement, «L’échange va dans les deux sens. Les étrangers apprennent, au moins un peu, le français» souligne le vice-recteur de l’Université de Neuchâtel (Daniel Schulthess). Tout le monde est rassuré…

L’anglais est une langue intéressante à apprendre. Mais comme toute langue étrangère, elle ne permet pas de restituer les choses de la même manière qu’en français, et cela même lorsqu’on la maîtrise parfaitement. C’est pourquoi une langue est indissociable d’une culture et que son apprentissage est une expérience si enrichissante lors qu’il dépasse la traduction à la façon « dictionnaire ». Malheureusement, l’apprentissage de l’anglais que l’on essaie d’imposer dans les universités suisses est un processus fort différent. De plus, il menace la possibilité des étudiants de s’épanouir dans la langue locale, le français dans notre cas.

Pour finir sur une touche provocatrice, on critique souvent la tendance impérialiste de l’Amérique du Nord, véhiculée entre autre par l’anglais. Dès lors, prouvons-lui que l’Europe et le reste du monde sont forts et qu’ils n’ont pas besoin de l’anglais pour briller, prouvons-lui que différence signifie force et qu’un monde uniformisé est monotone et peu intéressant! Les Américains ont déjà tellement de peine à imaginer qu’ils ne sont pas seuls au monde, ce n’est pas les aider à s’ouvrir que d’adopter aveuglément leur langue…

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Riederfurka et la Cabane des Dix: petit retour en arrière

18 septembre 2007 at 7:01 (Suisse, Voyage)

Avant de venir aux Etats-Unis et encore avant de partir à Berlin, j’ai passé deux week-end dans les Alpes à la fin du mois de juillet et j’ai pensé que quelques photos feraient bien sur mon blog (oeuvres communes de Fabien et moi, mais surtout de Fabien!)

Riederfurka : 3 jours passés dans la magnifique Villa Cassel avec comme paysage quotidien le non moins magnifique Glacier d’Aletsch!

La Villa Cassel
La Villa Cassel
Construite en 1900 par Sir Ernest Cassel, un anglais amoureux des Alpes. C’est maintenant un centre de Pronatura depuis plus de trente ans.
 
Le glacier d’Aletsch
Le Glacier d’Aletsch
Le plus grand de Suisse avec ses 23.6 km de long. Il fait partie du site Jungfrau-Aletsch-Bietschhorn inscrit depuis 2001 au Patrimoine Mondial de l’UNESCO (il a subi une extension en 2007).
 
Lac près de Bettmeralp
Près de Schönbiel
J’ai cherché le nom du lac, mais impossible de retrouver! Tout près, la Furri Hütte à ne surtout pas manquer…un mythe total!
 
Le Bettmersee
Le Bettmersee
Celui-là, je sais son nom! La grande attraction de Bettmeralp.

Cabane des Dix, Col des Ignes et Cabane des Aiguilles Rouges: Trois jours de marche, un itinéraire incroyable!

Le Lac des Dix
Le Lac des Dix
Le lac d’accumulation se trouvant derrière le plus grand barrage de Suisse, La Grande-Dixence, qui est aussi le plus grand barrage poids du monde.
 
Le Mont Blanc de Cheilon
Le Mont Blanc de Cheilon 
C’est une partie du panaroma grandiose que l’on a depuis la Cabane des Dix.
 
Le Col des Ignes
Le Col des Ignes
Vous devinez où il est?
Le Col
Certainement le truc le plus raide que j’aies grimpé de toute ma vie (il ne faut pas regarder en arrière).
 
Le Lac Bleu
Le Lac Bleu
Original comme nom! Entre la Cabane des Aiguilles Rouges et la Gouille (près d’Arolla).

Aaaah, nostalgie!

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No End In Sight : The American Occupation of Iraq

15 septembre 2007 at 1:21 (Cinéma, Etats-Unis)

Film documentaire sur la Guerre en Irak réalisé par Charles Ferguson en 2007. Gagnant du prix spécial du jury dans la catégorie « documentaires » au Sundance Film Festival 2007. À allez voir dès sa sortie en Suisse pour rafraîchir toutes les mémoires.

Affiche du film No End In Sight

Ce soir, je suis allée voir « No End In Sight » et je peux vous dire que c’est une autre sorte de traumatisme qui vous secoue quand vous sortez de la salle que lorsque vous venez de regarder « Divided Highways »! Je ne dirais pas que le film est exceptionnel et je ne sais pas s’il apporte de véritables nouveaux éléments, mais il permet en une heure et demi de retracer l’affreuse histoire de la Guerre en Irak. Les nouvelles affligeantes se succèdent dans les journaux à un tel rythme qu’il est devenu facile de les oublier, ou pire, de les relativiser, et les documentaires du genre de « No End In Sight » sont un bon moyen de rappeler toutes les atrocités qui ont eu lieu et qui continuent à se produire en Irak par la faute d’un seul pays: Les Etats-Unis.

Les guerres n’ont jamais été un domaine qui me passionne, non pas parce que je les considère comme inintéressantes, mais simplement parce que je ne les comprends pas. Je ne comprends pas comment on peut envoyer quelque part des forces destinées à tuer et à détruire en sachant que la vie de milliers de civils va être menacées et que des territoires entiers vont être ravagés dans un seul but: la soif du pouvoir. Jamais une guerre n’a été conduite dans le but d’améliorer les choses car tout le monde le sait, la violence ne mène à rien. Et pourtant, les guerres continuent d’exister et mon incompréhension de persister.

Je savais le gros de l’histoire sur la guerre en Irak, mais de nombreux éléments m’avaient échappé. Je me demande d’ailleurs comment c’est possible que je me souvienne de la fin plutôt atroce de Saddam Hussein mais pas de l’attaque du QG de l’ONU qui fit plus de vingt victimes…les médias insistent sur ce qu’ils veulent et il s’agit malheureusement souvent des faits les moins intéressants! C’est pour combler mon manque d’information que je suis allée voir ce film et j’ai été satisfaite. Les événements sont bien retracés et les (nombreuses) erreurs de l’administration Bush mises en évidence. Les intervenants sont pour la plupart des personnes qui ont vécu la guerre « de l’intérieur » et non pas des vagues militants anti-bush. Malheureusement, les « pro-guerre » manquent à l’appel (parce qu’ils ont tous refusé de participer au documentaire). Les critiques sont partagées mais généralement très bonnes et sans surprise, ce sont les médias réputés « conservateurs » qui sont sevères envers le documentaire. C’est peut-être ce manque de « compromis » qui est décevant, mais comment faire lorsqu’on a en face des menteurs souvent dénués de toute forme d’intelligence? J’ai trouvé le film très bon malgré quelques pics de sentimentalisme (qui sont pourtant justifiables) et je vous conseille vraiment d’aller le voir.

Pourtant, une question persiste: comment est-ce possible qu’on fasse encore la guerre au XXe siècle? Plus j’en apprends sur les conflits armés dans le monde, plus cette question me semble fondamentale…

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Le plus large réseau ferré au monde…

14 septembre 2007 at 7:35 (Etats-Unis, Rien à voir, Suisse)

« Ce sont les USA qui disposent du plus large réseau au monde avec plus de 220 000 kilomètres de voie ferrée« 

Quelques éléments pour alimenter la réflexion:

Réseau américain et Suisse (cliquez pour agrandir) :

Amtrack network Réseau CFF

Cartes à la même échelle (la Suisse est coloriée en gris):

USA Suisse

Tout est question d’échelle…

Train américain et suisse :

Amtrak train ICN

…et de performance!

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L’amour de la voiture…

13 septembre 2007 at 1:41 (Uni)

Nous avons regardé un film ce matin en classe intitulé « Divided Highways: Building the Interstate Highways, Transforming American Life » (1997, Larry Hott et Tom Lewis) et je crois que je suis obligée d’en parler brièvement ici!

Il s’agit d’un film-documentaire sur les autoroutes américaines, et plus particulièrement sur le réseau des autouroutes « inter-états » instauré par Eisenhower dans les années 1950. Je suis ressortie de la salle de cours pleine de frissons qui ne venaient pas seulement de l’air conditionné fonctionnant à plein régime. Lorsqu’on entend des choses telles que « J’aime ma voiture, je me sens nu sans elle » ou « le réseau autoroutier interétatique est la plus grande réalisation de l’histoire humaine, bien plus importante que les Pyramides », il y a de quoi être un peu abbatu…

Les constructions routières ont été un fantasme du XXème siècle et malheureusement, le rêve est souvent devenu réalité. Que ce soit aux Etats-Unis ou en Suisse (et dans tous les autres pays « développés »), le réseau autoroutier s’est mis en place durant la deuxième moitié du siècle passé et il a à jamais modifié les habitudes de vie des gens. S’il était synonyme de prospérité, de progrès et même de génie pendant les années qui suivirent la Deuxième Guerre Mondiale, il est aujourd’hui surtout générateur de nuissances en tout genre. Les autoroutes ont, certes, permis de relier les villes d’Europe ou d’Amérique du Nord entre elles, mais à quel prix?

On apprend dans le film que l’apparition de l’automobile arrive à temps dans une Amérique où le rail frustre la population car il ne permet pas de relier la destination initiale au point d’arrivée directement. La voiture incarne donc l’alternative tant attendue. Seulement, les routes américaines sont terriblement mauvaises et pour utiliser une voiture, il faut pouvoir rouler! En 1939, lors de l’expo universelle de New-York, General Motors présente « Futurama« , un paysage miniature qui montre les autoroutes du futur…les rêves des Américains s’aiguisent et ne se dissipent plus. « Malheureusement » pour eux, Futurama devint presque réalité durant la seconde moitié du siècle. La Deuxième Guerre Mondiale suit l’expo de New-York et le réseau autoroutier allemand est révélé au monde entier, spécialement à un certain Eisenhower qui en est tout emoustillé. De retour au bercaille et une fois nommé président, il décide qu’il fera mieux qu’Hitler et met en place le projet d’autoroutes interétatiques. L’argument de la défense nationale est mis en avant: en cas de guerre nucléaire, il faut que les citadins puissent fuir le plus rapidement possible (au cas où par miracle ils ne sont pas encore morts!). Il s’agissait en fait surtout d’un pretexte pour attirer des fonds. En parallèle à ces grands projets, les chemins de fer tout comme les tramways sont pour ainsi dire abandonnés au profit des routes. Un phénomène apparaît également à ce moment de l’histoire américaine: le rêve de la vie de banlieue.

La construction des Interstate Highways ne se fit pas sans sacrifices énormes. Il est effectivement compliqué de faire entrer des routes larges de 8 ou 10 voies (pour rester gentille) dans des centres ville. La solution était pourtant simple: passer par les quartiers pauvres (donc noirs). Effectivement, à ce stade de l’histoire américaine, ces derniers n’avaient guère de poids politique et ne pouvaient donc pas s’opposer à la destruction de leur maison.

L’apparition des autoroutes interétatiques rime avec la croissance de la mobilité (et donc avec le début des bouchons) ainsi qu’avec le début de la « culture-voiture » où rouler signifie liberté et où l’automobile est un objet chéri. On entend de la bouche d’Américains des phrases du genre:

« My car is me, it’s almost like I’m naked outside it »

La musique n’est pas préservée et les routes sont des thèmes presque aussi récurants que l’amour dans les chansons américaines.

Heureusement, Les Etats-Unis commencent à se réveiller et le réveil est douloureux : Le rêve de liberté incarné par l’automobile a conduit le pays vers quelque chose que j’appellerais plutôt l’enfer. Congestion, étalement urbain, développement « d’Edge Cities » (ces banlieues où l’on peut vivre sans devoir se rendre au centre-ville, toujours proches d’autoroutes), disparition des transports publics, pollution, dépendance face au pétrole (et j’en passe) sont autant de faits alarmants qui nous pousse à penser que le mode de vie des Américains n’est pas forcément idéal. Le film, dieu merci, le relève, mais à entendre les intervenants, on a du mal à se convaincre que la population en est consciente! Pourtant, à Boston par exemple, les citadins se sont révoltés contre la construction d’une ceinture autoroutière et ont fini par obtenir gain de cause. Non seulement elle ne fut pas construite, mais l’argent économisé a été investi dans les transports publics. J’en suis sûre, rien n’est totalement perdu.

Un petit bonus sorti tout droit du film:

KENNETH JACKSON, HISTORIAN: The role that the automobile in American life is perhaps never more completely captured than the Grapes of Wrath. Here was a movie designed to talk about how horrible things were. How the proletarian in the United States, the landless peasantry was without hope. But you notice that those Oakies heading for California had a vehicle. And when the communist authorities showed the movie around the Soviet Union, as an example of the distress of capitalism, what they found is was that the viewing audience was much more impressed by the fact that these people, poor as they were, they had their own car. That was much more impressive than the fact that they were poor.

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Le marché des maisons préfabriquées en plein boum: il y a de quoi pleurer!

11 septembre 2007 at 8:23 (Coup de gueule, Suisse)

Super: La première expo permanente de maisons préfabriquées ouvrira ses portes dans le canton d’Argovie fin octobre (Le Temps, 12.09.2007)! L’article du Temps est grand (le sujet mérite-t-il cet intérêt?) et surtout, il met un point d’honneur à relever que les maisons préfabriquées en bois sont écologiques…j’en ai les cheveux qui se dressent sur ma tête!

Quand je me promène dans les rues d’Ann Arbor, je ne peux m’empêcher de noter quelle chance nous avons en Suisse d’avoir des maisons, des vraies, qui ont toutes leurs spécialités et leur histoire. A côté des « mobilehomes-maisons » américains, il n’y a pas de comparaisons possibles. Pourtant, la mode des villas sans caractère est également présente en Suisse et prend malheureusement des proportions toujours plus importantes. Je peux prendre l’exemple de mon petit village (La Sagne) où les trois quarts des habitations sont des fermes neuchâteloises typiques et où, récemment, les villas moches ont fleuri (certainement à cause de la proximité de la ville de La Chaux-de-Fonds). Une nouveau quartier a surgi de nulle part en quelques années et les espaces laissés vierges entre les fermes ont été rempli par de nouvelles bâtisses. Près de chez moi, deux maisons ont vu le jour en deux ans…et j’ai toujours de mal à pourvoir les distinguer l’une de l’autre!

Mais on est encore loin du préfabriqué!

Avec les maisons préfabriquées, on se rapproche dangereusement du modèle américain et surtout, on expose le domaine de l’immobilier à ce phénomène de société qui veut que tout soit jetable. Une maison à 260’000.- en bois a-t-elle des chances de résister 350 ans comme les fermes de mon villages? Et même si vous me direz que cela fait bien longtemps qu’on ne construit plus de tel bâtiment, quel est le poids d’une maison préfabriquée par rapport à une villa en brique sur le long terme?

Le point le plus inquiétant dans l’article du Temps est cette affirmation qu’une maison préfabriquée en bois est plus respectueuse de l’environnement qu’une autre sorte de bâtiment. Oui, le bois n’est pas une ressource fossile, mais il n’est pas non plus une ressource totalement renouvellable vu que s’il est utilisé en trop grande quantité, les forêts qui le produisent n’ont pas le temps de se régénérer. Et peut-être que le fait de pouvoir isoler plus efficacement un bâtiment lorsque sa construction se fait à l’abri des intempéries est vrai, mais de là à parler de bilan énergétique intéressant, j’ai des doutes! Pensez encore une fois à la durée de vie de ces maisons super-isolées! Et d’ailleurs, est-ce que les panneaux solaires sont compris dans le prix? Ces maisons répondent-elles au label Minérgie? De ça, il n’est dit mot…

Pour finir, il fait noter que si le rêve américain (villa, jardin, voiture) s’étend en Europe et que ce n’est pas nouveau, les gouvernements essayent malgré tout d’éviter la catastrophe que l’Amérique du Nord subit de plein fouet: l’étalement urbain dans son sens le plus pure. Pourtant, la prolifération de maisons qui ne coûtent quasiment rien ne va pas dans le sens de la volonté suisse de préserver le sol, objectif inscrit dans la Constitution:

Art. 75 Aménagement du territoire
1 La Confédération fixe les principes applicables à l’aménagement du territoire.
Celui-ci incombe aux cantons et sert une utilisation judicieuse et mesurée du sol et
une occupation rationnelle du territoire.

(Constitution Suisse, 1999)

De plus, l’article nous informe que les parts des maisons préfabriquées sur le marché des habitations familiales s’élèvent actuellement à 18% et que l’objetif fixé par la société exploitante de cette fameuse expo permanente est 25%. On peut espérer qu’il s’agisse des NOUVELLES habitations, sinon la Suisse a déjà bien changé depuis mon départ, mais même dans ce cas, ce chiffre reste ahurissant. La tendance est apparemment plus forte en Suisse-allemande, mais elle est en train de s’étendre en Romandie.

Dans mon monde idéal, les maisons préfabriquées n’existent pas…et j’espère donc que les Suisses sauront reconnaître les qualités de leur habitat construit et qu’il ne reproduiront pas les erreurs américaines!

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Le Patrimoine Mondial de l’UNESCO: Après Lavaux, Le Locle – La Chaux-de-Fonds?

10 septembre 2007 at 9:16 (Culture, Suisse)

Les côteaux de Lavaux se préparent à célébrer leur entrée dans le Patrimoine Mondial de l’UNESCO qui a eu lieu le 28 juin de cette année (Le Temps, le 11.07.2007). C’est l’occasion de rappeler que les villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds pourraient bien être le 8ème site suisse à rejoindre les 851 biens qui constituent actuellement la liste de l’UNESCO.

En 2004, les villes ont été présentées sur la liste indicative suisse qui comporte les sites susceptibles d’être inscrits au Patrimoine. C’est l’Office fédéral de la Culture qui est chargée de la rédiger. Nos villes ne sont bien sûr pas seules sur cette liste qui comporte, entre autres, des oeuvres urbaines et architecturales de Le Corbusier, dont la Villa Turque et la Villa Blanche à La Chaux-de-Fonds! Un seul site présenté en 2004 a déjà rejoint le Patrimoine, il s’agit justement de Lavaux.

Mais pourquoi donc les villes de nos Montagnes pourraient entrer dans cette gigantestque institution qu’est le Patrimoine Mondial de L’UNESCO à côté de géants touristiques comme les Pyramides de Guizeh et le Machu Picchu au Péru?

Et bien car contrairement à de nombreuses idées reçues, nos villes renferment un patrimoine urbanistique et culturel tout à fait incomparable pompeusement appelé « urbanisme horloger ». Effectivement, c’est l’horlogerie qui a modelé les deux villes pendant tout le XIXe siècle et une bonne partie du XXe. Les maisons, si typiques des espaces urbains des Montagnes, ont été une réponse au développement rapide de l’industrie horlogère (peu coûteuses et efficaces pour acceuillir la main-d’oeuvre). Si ces dernières ont souvent été considérées comme laides, qui peut encore le penser après les nombreuses rénovations qui ont permis de les remettre considérablement en valeur? De plus, comparez-les une minute aux affreux blocs des autres villes suisses (des cages à lapin, on pourrait dire) ou aux quartiers résidentiels de banlieues qui offrent exactement les même avantages (grande surface d’habitation et jardin) sans inclure la proximité du centre-ville qui simplifie considérablement la vie des habitants du Locle ou de La Chaux-de-Fonds. Il serait temps de cesser de croire que seules les villes médiévales sont belles et d’essayer de comprendre la singularité et la beauté de notre patrimoine, issu de l’industrie, certes, mais qui mérite d’autant plus d’attention. Nos villes sont des espaces extrêmement cohérents et c’est ce qui les rend si spéciales. Ne loupez pas la première journée du patrimoine horloger le 3 Novembre afin de découvrir les secrets de nos cités!

Concernant la suite des événements, les deux villes devraient présenter leur dossier de candidature à Paris à la fin de cette année et la décision tombera dans le courant de 2009. Si les villes sont retenues, il est à prévoir que le tourisme, plutôt inexistant actuellement (et c’est regrettable) pourrait enfin se développer en mettant en avant la richesse culturelle de la région. Si l’UNESCO reconnaît la valeur de notre patrimoine, plus personne ne se risquera à dire que La Chaux-de-Fonds ou Le Locle sont des villes moches!

Allez visiter le très bon site internet de la candidature pour plus d’infos: http://www.urbanisme-horloger.ch

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Climatisation: invention débile ou géniale?

9 septembre 2007 at 9:05 (Coup de gueule)

Inventée en 1911 par Willis H Carrier, la climatisation moderne est devenue, dans certain pays, un instrument essentiel pour lutter contre la chaleur et coloniser de nouveaux territoires jusqu’alors plutôt hostiles (on peut penser à Houston)!

Elle utilise la technique des pompes à chaleur qui consiste à faire circuler la chaleur du milieu le plus froid au milieu le plus chaud. Cela va donc contre les principes naturels, car normalement, c’est l’air chaud qui circule vers l’air froid jusqu’à l’atteinte d’une température équilibrée. C’est ce qui rend la technologie de la climatisation plus complexe que celle du chauffage qui, elle, utilise des principes naturels. La technologie de la climatisation est la même que celle utilisée pour les réfrigérateurs (qui font leur apparition à la fin du XIXe siècle) et les congélateurs. En plus de refroidir l’air ambiant, la climatisation peut également agir sur son humidité en la réduisant afin de diminuer la sensation de chaleur qu’elle produit. Des fluides frigorigènes sont utilisés dans les climatiseurs et ces derniers sont souvent des vecteurs du réchauffement climatique ou de la disparition de l’ozone.

Mais trêve de détails techniques et revenons-en à notre question initiale: est-ce que la climatisation est une invention débile ou géniale?

J’aurais tendance à pencher pour la première hypothèse, mais il faut quand même relever que lorsque la chaleur est telle qu’elle semble nous étouffer, on est bien content d’entrer dans un supermarché climatisé ou alors d’être équipé d’une voiture munie de l’air conditionné! Pourtant, ce week-end, j’ai un rhume carabiné accompagné d’un mal de coup digne des lendemains de noce à l’anta…ce qui m’amène à maintenir ma position que la clim’ (comme on dit) est une invention plutôt inutile. Je m’explique:

Mal réglée, mal entretenue ou inutilement utilisée, la climatisation peut être dangereuse pour plusieurs raisons. Si l’air conditionné permet de maintenir un air propre et sain, dans les hopitaux par exemple, grâce aux mécanismes de désinfection, de filtration et d’humidification, il peut surtout être un vecteur d’agents pathogènes, de refroidissements ou même de nuissances sonores! Effectivement, le mauvais entretien d’un climatiseur implique la prolifération de bactéries dans les eaux résultantes et le fait que l’air climatisé soit réalisé dans un espace confiné peut augmenter le risque de concentration de particules ou de bactéries indésirables. De plus, une climatisation mal réglée peut provoquer des chocs thermiques lorsque la différence de températures entre l’extérieur et l’intérieur est trop grande ou de simples refroidissements lorsque celle-ci est réglée trop basse. Pour finir, un climatiseur en mauvais état peut provoquer un tel tintamarre qu’il peut être considéré comme une nuissance sonore qu’il ne faut pas négliger (si, si, c’est vrai).

Mais les enjeux se situent également à un autre niveau: le climat est mis en péril par de tels dispositifs!

Les fluides réfrigérants utilisés dans les climatiseurs sont des gaz à effet de serre terriblement puissants (bien plus que le CO2) et ils ont même été les principaux destructeurs de la couche d’ozone. Si le protocole de Montréal (1987) a permis de renverser les pires tendances en finissant par interdire complétement les CFC (ces petits monstres destructeurs d’ozone), les HFC sont toujours utilisés et participent toujours au réchauffement climatique. Il semble pourtant que de nouvelles substances soient en phase de remplacer les pires fluides réfrigérants, mais il est difficile de dire quand ils pourront suppléer définitivement aux HFC.

Les émissions de ces appareils ne sont pourtant pas le seul problème à large échelle des climatiseurs: l’utilisation d’énergie qu’ils nécessitent est également préoccupante. A l’heure où l’avenir energétique de notre planète est plus que questionnée, comment justifier l’utilisation d’appareils extrêment gourmands et souvent inutiles? Des solutions alternatives existent pourtant et elles se situent principalement dans le domaine de la construction. On sait maintenant comment construire des bâtiments capables de maintenir une température interne raisonnable tout au long de l’année. Pourtant, leur construction est encore marginale, ce qui est fort décevant. L’homo economicus basique a toujours de la peine à voir à long terme et à comprendre que si une maison coûte plus à la construction, il est à prévoir qu’elle sera moins chère à l’entretien…

Mais bon, si je vous livre aujourd’hui mes états d’âme sur la climatisation, qui reste sans aucun doute une spécialité américaine, c’est parce que chaque jour, je dois partir pour l’uni munie d’un pull et cela malgré le fait qu’il fasse 30°C dehors parce que les bus, les salles de cours et les centres commerciaux sont SURclimatisés. Oui, c’est agréable d’avoir une voiture où on peut encore respirer dans les bouchons des vacances d’été, oui, ça doit être agréable de pouvoir dormir autre part que dans une baignoire remplie d’eau glacée à Houston en été et oui, la climatisation peut sauver des vies lors des vagues de chaleurs estivales (bien qu’un des problèmes de notre société soit l’augmentation de la proportion de personnes âgées et que, par conséquent, une petite vague de décès ferait du bien aux finances publiques) mais franchement:

Dans notre monde où économies d’énergie et protection du climat sont des mots clés, ne pourrions-nous pas mettre un frein à cette drogue qu’est la climatisation?

Pour info: La France a introduit en 2007 un décret interdisant l’utilisation de climatisateurs lorsque la température des locaux est égale ou inférieure à 26°C. La Suisse réglemente scrupuleusement l’utilisation des fluides réfrigérants (CFC, HCFC et HFC chlorés interdits) et surveille l’entretien des « gros » climatiseurs. L’article de wikipedia en anglais passe bien plus de temps sur les effets positifs de la clim’ que celui en français où tous les problèmes inhérants à cette technologie sont répertoriés!

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L’Europe, ennemi socialiste!

7 septembre 2007 at 3:43 (Uni)

En choisissant les Etats-Unis comme pays pour poursuivre mes études, je pensais que le « choc » culturel que j’aurais en arrivant là-bas serait passablement modéré, vu qu’après tout, l’Amérique du Nord fait partie des pays « développés » comme l’Europe et ne doit donc pas être foncièrement différente (de plus, les Européens sont maintenant habitués au Mac Donald). Je crois que je m’étais trompée. Le choc est certainement moins fort que si je m’étais retrouvée en Inde ou en Chine, mais j’entends et je vois des choses qui me laissent passablement perplexe!

Pas plus tard qu’aujourd’hui, pendant un cours sur les transports où la ville de Bremen en Allemagne était prise en exemple pour son développement exemplaire en termes d’interactions entre les différents modes de transports urbains, un étudiant a posé une question tout innocente: Vu que l’Europe est si en avance dans le domaine des transports (publics, bien sûr) comparé aux USA, est-il possible d’utiliser ces exemples pour influencer les décisions en Amérique?

La réponse devrait bien sûr être « oui », mais il n’en est pas ainsi au plus grand dépit des aménagistes américains. Voici une réponse que vous risquez de recevoir de la part des autorités si vous proposez de suivre l’exemple de Bâle en matière de vélo ou de mettre en place un système comme « Mobility » dans une ville américaine:

– L’Europe est SOCIALISTE, contrairement à nous qui avons des valeurs différentes!

Dans la même veine, il paraît que les urbanistes sont souvent considérés comme des espèces de communistes aux Etats-Unis, c’est effectivement louche de vouloir toucher au domaine public!

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